Lc 21, 1-4 Que faire de sa vie ? A nous de voir ...

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Lundi 34ème semaine du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,1-4.

En ce temps là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc du trésor. Il vit aussi une veuve misérable y déposer deux piécettes. Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde. Car tous ceux-là ont pris sur leur superflu pour faire leur offrande, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre.»

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 « Levant les yeux », Jésus agit mais jamais au point de devenir sourd à ce qui arrive. Il y a toujours en lui une disponibilité à ce qui advient. Il est attentif aux autres... pourquoi ? La raison n’en serait-elle pas qu’il ne fait rien à partir de lui mais comme une réponse à ce qui le sollicite, la Parole de son Père, la rencontre de son frère... L’action pour lui n’est pas réalisation de soi, mais édification du Royaume, intrinsèquement tournée vers la réponse de l’autre...  

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« Tous ceux-là ont pris sur leur superflu ». Le contraire du superflu, c’est le vital, l’obligatoire, le capital, le primordial, l’indispensable, le nécessaire, l’essentiel... Nous sentons bien à la liste de tous ces antonymes que la démarche posée par les gens riches a peu de poids en elle-même. D’autant plus qu’ils n’ont même pas pris leur superflu mais qu’ils ont pris « sur leur superflu ». Considérer les choses non de l’extérieur, dans la puissance, mais de l’intérieur du « ce que je veux ». Jésus qui regarde nous conduit à regarder vraiment, à remonter à cette source en chacun de nous, notre liberté. 

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« Elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre » Là, la situation est bien différente. Dans cette même action extérieure, la pauvre veuve donne tout, tout d’elle-même. Sa décision est une vraie décision, où elle s’implique... Son « ce que je veux » désire entrer en relation avec l’Autre... Elle se risque, elle accepte d’être marquée par son action, de manquer... 

Est-ce que je vis ma vie non comme une expérience [où j’apprends, j’accumule des biens extérieurs {savoirs, relations, gratifications...}], mais comme une épreuve qui va me marquer, qui fera que je recevrai la vie différemment demain. Est-ce que je quitte ou non ma zone de confort qui d’une certaine manière m’enferme aussi... Jésus ne fait là qu’un simple constat, il ne recommande pas de faire l’un ou l’autre mais il déclarer ce qu’il en est. Il nous dit que nous avons deux manières de prendre notre vie... A nous de voir ?
Merci Aurore pour les photos