Saint Curé d'Ars et la Vierge Marie

Publié le par Jardinier de Dieu

4 août
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Saint Jean-Marie Vianney avait une dévotion particulière pour le Vierge Marie dès l’’enfance. A huit ans, pendant la garde du troupeau, il invitait ses camarades pastoureaux à réciter à genoux le chapelet devant l’image de Marie. Il aimait faire avec un de ses oncles le concours du coup de pioche. Celui-ci plus âgé et plus fort que lui perdait cependant chaque fois. Son secret ? Il fixait une image de la Vierge à une certaine distance devant lui, et piochait d’arrache-pied dans cette direction. Arrivé au but, il reportait l’image plus loin … et ses coups de pioche gagnaient en vitesse.
Prêtre, il s’efforça de faire aimer Marie à tous ses chrétiens, comme à ceux qui venaient se confesser. Les fêtes mariales étaient pour lui des jours de fête et de joie. Il y préparait tout le monde par un surcroît de ferveur. Il vénérait spécialement Marie sous le vocable de l’Immaculée Conception. Et quand le dogme en fut proclamé par le pape Pie IX le 8 décembre 1854, il fut de ceux qui s’en réjouirent avec le plus de ferveur. Avec la permission de l’évêché, il fit un voyage à Lyon pour choisir une chasuble bleu ciel, couleur selon lui la mieux indiquée pour Marie, et que par autorisation spéciale, il portait les jours des fêtes mariales.
Le père Trochu raconte dans son livre sur le Curé d’Ars (1) qu’un jour, des paroissiens curieux montèrent au premier étage de sa maison et entendirent une conversation entre leur curé et une voix de femme. Leur surprise fut indescriptible, car ils savaient leur curé très réservé avec le sexe féminin. Certains d’entre eux assuraient que ce n’était pas la première fois. Ils prirent leur courage à deux mains et écoutèrent à la porte. C’étaient des recommandations : à propos de celui-ci ou de celle-là ! Il était question de veiller sur eux, de les sauver. Une conversation très familière …
Après une demi-heure, le saint ouvrit la porte et surpris ses visiteurs … qui durent expliquer la raison de leur présence. Ils se tirèrent d’embarras sans trop de peine. Mais le plus embarrassé était encore le père Vianney. Après un moment de réflexion, et pour dissiper tout soupçon qui eût pu être nuisible, il avoua le bonheur qu’il avait de recevoir quelquefois la Vierge Marie chez lui pour lui parler de ses soucis, et lui recommander des cas difficiles. « Aimez bien Marie, Marie est mon premier amour. Mais gardez ça pour vous. N’en dites rien à personne … »
Ce récit a été raconté sous la foi du serment, la main sur l’Evangile, par ces témoins lors du procès de béatification. Et ils ajoutaient encore qu’ils avaient été témoins des scènes de violences verbales et physiques exercées sur leur curé par le démon : Combien de fois nous t’avons dit de ne plus honorer cette « dame au bébé » ? Sans elle nous ne t’aurions pas laissé vivant ! Pourquoi obéis-tu aussi au type à la robe violette (l’évêque) ? »
Heureux celui que le démon tourmente pour sa dévotion à Marie !

(1)             Francis Trochu, le Curé d’Ars, Paris. Fayard, 1925.

Source : Cardinal F.X. Nguyen van Thuan, Les pèlerins du chemins de l'Espérance, 1993. Fayard, Paris, p.p. 432-433

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