9 septembre - Saint Pierre Claver (1508-1654)

Publié le par Jardinier de Dieu

« Pierre Claver brille d'une clarté spéciale dans le firmament de la charité chrétienne de tous les temps. » (Jean-Paul II)

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Espagnol, issu du milieu paysan, mais très doué, Pierre Claver étudia les lettres et les arts, entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Tarragone le 7 août 1602. La rencontre avec le frère jésuite Alphonse Rodriguez fit germer et grandir le désir dans le coeur de Pierre, des nouvelles missions en Amérique : le service des esclaves. Après son ordination le 19 mars 1616 à Carthagène,  Pierre Claver se laissa entrer dans sa mission « esclave des esclaves » où il alla passer les quarante ans aux services des plus démunis, les quarante ans de dévouement marqués par de nombreuses conversions ! Epuisé par cet amour pour les plus pauvres, Pierre s'éteignit le 8 septembre 1654 à Carthagène (Colombie). Il fut canonisé en 1888 par Léon XIII.

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Saint Pierre Claver "esclave des esclaves" raconta une de ses journées dans une lettre à son supérieur le 31 mai 1627 (texte original espagnol A. Valtierra, s.j. : San Pedro Claver, 1964, 140-141) :

Annoncer l’évangile aux pauvres, guérir les coeurs blessés ; annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres. Hier, 30 mai 1627, jour de la Sainte Trinité, débarquèrent d’un énorme navire un très grand nombre de Noirs enlevés des bords de l’AFRIQUE. Nous sommes accourus portant dans deux corbeilles des oranges, des citrons, des gâteaux et je ne sais quoi d’autre encore. Nous sommes entrés dans leurs cases. Nous avions l’impression de pénétrer dans une nouvelle Guinée ! Il nous fallut faire notre chemin à travers les groupes pour arriver jusqu’aux malades. Le nombre de ceux-ci était considérable ; ils étaient étendus sur un sol humide et boueux, bien qu’on eût pensé, pour limiter l’humidité, à dresser un remblai en y mêlant des morceaux de tuiles et de briques ; tel était le lit sur lequel ils gisaient, lit d’autant plus incommode qu’ils étaient nus sans la protection d’aucun vêtement. Aussi, après avoir enlevé notre manteau, avons-nous pris tout ce qu’il fallait pour assembler des planches ; nous en avons recouvert un endroit où nous avons ensuite transporté les malades en passant à travers la foule. Puis nous les avons répartis en deux groupes : mon compagnon s’occupa de l’un d’eux avec l’aide d’un interprète, et moi – même du second. Il y avait là deux Noirs, plus morts que vivants et déjà froids, dont il était difficile de trouver le pouls. Nous avons mis des braises sur des tuiles et avons placé celles-ci au centre, près des moribonds ; puis nous avons jeté sur ce feu des parfums contenus dans deux bourses que nous avons entièrement vidées. Après quoi, avec nos manteaux (ils n’avaient en effet rien de ce genre et c’est en vain que nous en avions demandé à leurs maîtres), nous leur avons donné la possibilité de se réchauffer : ils parurent, grâce à cela, retrouver chaleur et respiration ; il fallait voir avec quelle joie dans leurs yeux ils nous regardaient ! C’est ainsi que nous nous sommes adressés à eux, non par des paroles, mais avec nos mains et notre aide.

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