Un cheminement long de 30 ans

Publié le par Kim-Liên

120313NguyenVietChung.jpgAugustino Nguyen Viet Chung était dermatologue, bouddhiste. Quand il avait 18 ans, il a entendu parler de la vie du Père Jean Cassaigne à Djiring (dans la zone des hauts plateaux au Sud du Viet-Nam, Monseigneur Cassaigne est décédé en 1973) qui a consacré sa vie au service des pauvres, notamment des lépreux. Cette belle histoire a laissé une forte interpellation dans le cœur du jeune Augustino. Il a déclaré son désir de servir comme le missionnaire Cassaigne. Pour Chung, évangéliser supposait de mener une vie de service gratuit, d’une vie pleine d’amour pour les autres. Car la Parole seule ne suffisait pas.

Lors de ses premières années à la faculté de médecine, il a eu comme professeur le Père Lischenberg, médecin et jésuite. La présence de celui-ci l’a amené à se poser des questions sur sa vie. Il se demandait même s’il pouvait devenir prêtre en travaillant. A partir de ce moment, Chung a entendu une voix très douce qui murmurait en lui, qui l’invitait à aller vers le sacerdoce.

Après son diplôme, ce jeune médecin a demandé de travailler dans les centres pour lépreux où il a été amener à collaborer avec les religieuses de la congrégation de St Vincent-de-Paul. Les soins infirmiers de ces religieuses l'ont fasciné. Un jour, la religieuse, directrice adjointe du centre est morte subitement après 17 ans de service. De son lit, la mourante lui a fait signe, elle voulait lui dire quelque chose. Chung a compris cet appel. Après les obsèques de cette religieuse, il a décidé de devenir chrétien. Trois mois après son baptême, Augustino a commencé les démarches pour entrer à la communauté des pères de St Vincent-de-Paul. Ordonné prêtre à la fête de la Visitation en 2003, quelques jours après son ordination, il s’est rendu chez ses parents. Sa mère lui a parlé personnellement au seuil de la maison. Très poli, il a prié sa mère de s’asseoir et il est resté à ses côtés pour entendre ses confidences. En fait, sa mère lui a avoué qu’elle garderait sa religion et qu’elle souhaitait qu’Augustino vive bien sa foi. Ce jeune prêtre a répondu à sa mère qu’il n’avait jamais eu l’intention de la convertir, en revanche qu’il souhaitait qu’elle aille jusqu’au bout de ce auquel elle croit. 

Pendant ces trente années, le chemin que Chung a traversé, n’a jamais été tout droit, et bien éclairé comme sous le soleil printanier. Chung vit dans un pays en voie de développement. Argent, diplôme, niveau social … sont des repères d’estime sociale très forts pour les gens. Après des années d’études, ce jeune spécialiste a osé quitter la religion de ses parents, celle qui est majoritaire dans son pays. Et aussi qui s'occupera de sa famille et de ses parents ? C'est le devoir d'un fils envers ses parents. Tous les moyens qui pouvaient l’amener à la richesse, à la gloire humaine, sont utilisés par lui au service des plus pauvres de la société. Quelle folie ! Et évidement, face à tout cela, ses parents n’étaient pas contents de lui. Mais son amour pour le Bien Aimé était le plus fort pour lui. 

Aller à l’encontre des souhaits naturels de ses parents, marcher à contre-courant de la société attirée par tout ce qui brille, ce n’est jamais facile, mais la prière y aide :

« Marchez, marchez sur les sentiers de la prière, et vous entendrez les voix des anges… Quelle harmonie ! Ce n'est pas le bruit confus et les accents criards de la Terre : ce sont les lyres des archanges, ce sont les voix douces et suaves des séraphins, plus légères que la brise du matin quand elle souffle dans la feuillée de vos grands bois…

Dans quels délices ne marcherez-vous pas ! Vos langues ne pourront définir ce bonheur, tant il entrera par tous vos pores, tant la source à laquelle on boit est vive et rafraîchissante !

Douces voix, enivrants parfums que l'âme entend et savoure quand elle s'élance dans ces sphères inconnues, habitées par la prière !

Sans mélanges avec les désirs charnels, toutes les aspirations sont divines…

Et vous aussi, priez comme le Christ portant sa croix jusqu’à son Calvaire ; portez votre croix, et vous sentirez les douces émotions qui passaient dans son âme quoiqu’il soit chargé d'un bois infamant…

Il allait mourir, mais pour vivre de la vie céleste dans le séjour de son Père… » (Saint Augustin, message 186, http://www.ephphata.net/la-priere/la-priere-augustin.html) 

Augustino n’a pas été seul pendant ces trente ans. Le Seigneur marchait avec lui à travers toutes les rencontres comme à travers toutes les oppositions : le visage de Cassaigne, celui du P. Lischenberg, celui de la religieuse Loan, la souffrance des lépreux, l’opposition de ses parents... Le Seigneur continue toujours de travailler dans le cœur d’Augustino. Le verset de Jean 9, 13 est allé droit dans le cœur de Chung « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 9,13 ). Que le Seigneur Ressuscité soit toujours avec Chung dans les moments de promesses, de joie de sa vie comme pendant les nuits obscures où tout va mal ! Que Chung perçoive constamment la Présence de Celui qui l’aime !

Kim-Liên

photo http://dongten.net/wp-content/uploads/2012/03/120313NguyenVietChung.jpg

Par hasard, la photo de l'ordination de Chung a été mise sur un de nos billets le 23/11/2011: http://www.jardinierdedieu.com/article-devenir-pretre-non-par-interet-mais-pour-etre-avec-le-christ-89552466.html 

Je ne connais pas cha (linh muc - prêtre) Augustino Chung. Cet article est une synthèse des écrits en vietnamien que j'ai reçus par mail. Le passage sur la prière est introduit par mon intention.

Publié dans actualité et vie : KL