Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma

Publié le par Jardinier de Dieu

Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde, un film de Claus Drexel au cinéma
Au bord du monde

(diaporama du site Au Bord du Monde.fr)

« La rupture avec la société est une bascule dans un autre monde. Comment s’est-elle produite ? Comment a-t-elle eu lieu ? Nul ne s’en souvient. C’est comme une autre naissance… » C’est sur ces mots de George Orwell que s’ouvre le film de Claus Drexel. Le réalisateur nous emmène à la rencontre de ces invisibles de la capitale qui ont basculé dans un autre monde. Face à eux, très proche, la caméra posée à hauteur de regard ne bouge plus. Tout est question de cadre : le cadre de la société, le cadre de la caméra. Deux cadres qui s’affrontent, le second tentant de rendre ce que l’absence du premier a volé aux personnes filmées. Elles sont hors du monde et pourtant leurs paroles criantes de vérité nous éclairent sur notre société. Avec une justesse d’autant plus forte que les mots sont comme portés par une esthétique captivante. L’homme et l’image sont au centre de ce travail : le film n’aurait jamais été le même sans la signature de Sylvain Leser, photographe des marges, qui, à la demande de Claus Drexel et de son producteur Florent Lacaze, a accepté de se glisser derrière la caméra. La beauté du film et la posture de la caméra rendent à ces SDF ce qu’il est difficile de voir en croisant quotidiennement la misère de notre société : une dignité. Stable et posée, proche de la photographie, parfois même de la peinture, l’image nous offre le temps de les écouter. Paroles indubitables, paroles de détresse, de sagesse ou de folies, elles sont issues d’une longue relation que le réalisateur et le photographe ont construite avec eux, nous acheminant au-delà de notre réel ou du concevable. Leur expérience les fait, comme le propose le cinéaste, « les derniers philosophes de la Ville Lumière.»

En salle depuis le 22 janvier 2014

En savoir plus sur le film Au bord du monde

Cela pourrait être nous… prenons un peu de temps pour les écouter…

source http://www.revue-projet.com/comptes-rendus/2014-01-au-bord-du-monde/

En contrepoints quelques citations du Père Chevrier
« O pauvreté, que tu es belle ! Jésus Christ, mon Maître, t’a trouvée si belle qu’il t’a épousée en descendant du ciel, qu’il a fait de toi la compagne de sa vie et qu’il a voulu mourir avec toi sur la croix. Donnez-moi, ô mon Maître, cette belle pauvreté. Que je la cherche avec sollicitude, que je la prenne avec joie, que je l’embrasse avec amour, pour en faire la compagne de toute ma vie et mourir avec elle sur un morceau de bois, comme mon Maître ! » (Véritable disciple, op. cit. 323) père Antoine Chevrier
 
 
« Aimez donc bien les pauvres, les petits ; ne travaillez pas à grandir et à vous élever, mais travaillez à vous faire petits et à vous rapetisser tellement que vous soyez à l’égal des pauvres, pour être avec eux, vivre avec eux, mourir avec eux. » Lettres inédites (Parole et silence, 2006, p. 72) père Antoine Chevrier
 
« N’est-il pas honteux d’emprunter aux choses extérieures cet éclat, cette pompe que nous devrions avoir nous-mêmes ? N’est-ce pas une grande preuve de notre pauvreté, de notre indigence lorsque, pour attirer le monde, nous sommes obligés de faire tant de frais extérieurs ? N’est-ce pas en outre mépriser les fidèles et les regarder comme des enfants que l’on attire par des jouets, par des jeux ou autre chose, comme on le ferait dans des foires ou des marchés ou étalages de marchandises ; on disait de Jésus : Une force sortait de lui qui les guérissait tous. » (Le Véritable Disciple, Parole et Silence, 2010, p. 522) père Antoine Chevrier

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