Les cadeaux recèlent des secrets qui ne se livrent pas immédiatement…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

En ces jours d’après Noël, où il devient de plus en plus commun semble-t-il, encouragé par des entreprises qui y trouvent leur intérêt, d’échanger, de revendre les cadeaux reçus, il est intéressant, émouvant même, de lire la description des cadeaux offerts par le Pape François aussi bien aux autorités politiques que religieuses.
L’histoire de la reconnaissance de Sri Lanka est attestée, la liberté religieuse fondée dans l’histoire ancienne… dans les cadeaux, il y a quelque chose qui va prendre de la valeur aussi avec la durée… la trace d’une histoire, d’un amour, d’une attention… le sens ne s’épuise pas en une seule fois, il n’est pas immédiat, le don doit être fait, il doit être reçu puis retourné… sans savoir a priori toute sa signification.
Alors gardons les cadeaux qui nous sont faits, considérons ceux qui nous les ont faits, acceptons qu’ils ne fassent pas « bien » tout de suite, selon nos critères… sachons revenir sur ces cadeaux plus tard, beaucoup plus tard. Alors la petite voiture abimée, à qui manque une roue, prendra une valeur tout autre. Lorsque je serai devenu père ou grand-père, d’autres elle signera la généalogie qui nous relie, nous rend humains, les uns par les autres … Patience, accueillons le temps qui vient.
P. Jean-Luc Fabre

Géographie et histoire de la liberté religieuse avec les cadeaux du pape Un décret original sri-lankais et un atlas du 16e siècle Anne Kurian avec une traduction de Constance Roques ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org)


Un fac-similé d'atlas du 16e siècle – représentant notamment Ceylan, ancien nom du Sri Lanka – et un décret du roi Keerthi Sri Rajasinghe de Kandy autorisant la diffusion du christianisme au Sri Lanka : ce sont les présents offerts par le pape François au premier jour de son voyage au Sri Lanka, le 13 janvier 2015.  Tout un symbole où se mêlent géographie et histoire de la liberté religieuse pour les chrétiens.

Lors de sa visite au palais présidentiel à 17h (12h30 à Rome), le pape a offert au président de la République du Sri Lanka, Maithripala Sirisena, un atlas nautique daté de 1562 attribué à Bartolomé Oliva.

Le fac-similé, acheté par la Bibliothèque vaticane en 1657, était conservé au Vatican, avec les manuscrits de la section Urbinate, précise un communiqué du Saint-Siège. Produit en cinquante copies seulement, ses pages mesurent approximativement 33 cm sur 23.

Il est composé de quatorze cartes nautiques en couleur qui indiquent les toponymes, les hydronymes, les latitudes, etc., sur parchemin. Parmi ces pages qui montrent le monde connu par les Européens du XVIème siècle : l'Inde et l'île de Ceylan-Sri Lanka. L'atlas est attribué à Bartolomé Oliva, qui a travaillé pendant les années 1538-1588 surtout à Messine, et qui appartenait à une famille de cartographes de Majorque. L’atlas se caractérise par une certaine sobriété et par la précision des données géographiques, rédigées avec une écriture humaniste ronde. Sur la reliure brune de l'ouvrage, faite spécialement pour l'occasion, on peut voir le blason du pape François et la date de 2015 en latin.

Après son atterrissage à l'aéroport et sa rencontre avec la population le long du trajet jusqu'à Colombo, le pape a renoncé à sa rencontre avec les évêques du pays, à l'archevêché. C'est le cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin, qui a transmis son présent : un "Sannas", document gravé dans le cuivre, émanant du roi Keerthi Sri Rajasinghe de Kandy.

Le Décret signé en l’an 1694, année « Nandana » au mois d’avril, le mercredi de la pleine lune, stipule ceci : « Le Seigneur divin, le Maître suprême du Sri Lanka, dans sa sublime magnanimité et bienveillance, a donné l’ordre suivant, en faveur du Père Juan Sylveira, de l’Ordre de saint Philippe Néri, en considération de sa loyauté envers la cour royale et de ses requêtes, déclarant qu’il n’est pas interdit à ceux qui, parmi la multitude des Cinghalais, désirent devenir chrétiens, et il permet à tous les pasteurs de ce même Ordre de prêcher à ceux qui sont nés au Sri Lanka et aux croyants de la noble doctrine du bouddhisme pour que certains se convertissent au christianisme ; de plus, lesdits ministres chrétiens sont autorisés, par la présente, à franchir les portes du Royaume et à passer par les cols des montagnes qui entourent ce Royaume lorsqu’ils se rendent sur leurs lieux de culte ; ils sont autorisés à construire des églises là où existent des fidèles chrétiens et à mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire à la promotion de leur religion. » Le document original fut donné par l’archevêque de Colombo, Mgr Christophe Bonjean OMI, au pape Léon XIII.

[source photos : https://www.facebook.com/ranil.wickremesinghe.leader]