Chemin de Compostelle - L'art du « décalé », une certaine façon de cheminer

Publié le par Geneviève R.

Cette année, le Jardinier de Dieu est très heureux de vous inviter à suivre les pas d’une pèlerine (paroissienne de Colomiers) sur les chemins de St-Jacques de Compostelle.
Une fois par semaine durant les mois de Juillet et d’Août un article sera publié sur notre site.
A travers le récit de ce pèlerinage vécu, nous découvrirons un peu de la nature  mais surtout le changement profond du cœur et de l’âme du marcheur. Merci de tout cœur à Geneviève pour ces belles lectures et ces photos qui nous aident à contempler la Création et à louer le Créateur.
Nous vous invitons aussi à découvrir les communautés religieuses sur cette route de quête (Chemin de Compostelle) durant l'été, en écoutant l'émission de la radio Présence - du lundi au vendredi à 7h55, 8h55 et 11h45
Le Jardinier de Dieu

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Compostelle 2014 pour moi c'est la découverte de « l'agir » pour composer avec « l'art du décalé ».

Il faut savoir que ce chemin de pèlerinage que chacun prend avec ses objectifs, ses attentes, ses intentions et ses défis, est en perpétuel mouvement, des mouvements de groupes, des mouvements de foules quelquefois à certaines périodes de l'année.

Ce sont les bla bla bla... et des fous rire claquants qui envahissent l'espace sonore, dans le bosquet ombragé ou à la crête de la colline verdoyante. Il y a ceux qui, profitant de ce temps libéré, font des rencontres en marchant et échangent en discussions interminables sur leurs tracas de la vie quotidienne, les enfants, le banquier …Difficile dans ces conditions d'apprécier les petits bruits des animaux, le chant des oiseaux et le souffle du vent dans les branches.

Dans ce mouvement de transhumance, le départ se fait à une certaine heure, comme préconisé généralement dans les guides. Les pèlerins arrivent de ce fait souvent tous ensemble même s'ils ne sont pas partis en groupes constitués.

Pour ma part, j'avais la volonté de marcher en solitaire, avec comme invités le silence et la méditation. J'ai rapidement compris qu'il ne fallait pas que je fasse le chemin au même rythme. J'avais à réfléchir à une certaine stratégie.

J'ai d'abord décalé tous les objectifs d'étapes en utilisant beaucoup des étapes intermédiaires.

Ensuite je me suis rendue compte qu'en partant à une heure matinale raisonnable, 8h, au soleil levant et en ayant des étapes plus courtes, je prenais la route après les plus compétiteurs qui partaient à la lampe frontale, en général pour une longue étape. De ce fait, j'arrivais la première par rapport à ceux qui étaient partis de plus loin ou qui marchaient à un rythme moins soutenu.

J'ai décalé également mes pauses repas à des horaires non conventionnels en choisissant des coins reculés du chemin.

Arrivée la première sur les lieux d'hébergement, cela donne le plaisir de pouvoir s'installer tranquillement, prendre la première douche, choisir le lit « d'en bas » dans le dortoir, explorer l'environnement et jouir du soleil de fin d'après-midi, allongée dans un hamac. L'automne fut une période très ensoleillée. J'ai pu ainsi prolonger le bénéfice de la journée de ressourcement, découvrir dans le calme l’aménagement des hospitalités et partager avec l'accueillant une grenadine fraîche.

Au soir venu, c'est avec grande joie que j'attendais le moment des échanges en grande tablée pour un repas festif.

Geneviève R.
La journée du pèlerin - Partie 1
La journée du pèlerin - Partie 2
La journée du pèlerin - Partie 3
Bruits de la nuit

Chemin de pluie
(dimanche du 28 juin 2015(dimanche 21 juin 2015)