Dimanche du "Christ, Roi de l'Univers"

Publié le par Père Olivier de Framond

Dernier dimanche de l’année liturgique ! Nous finissons avec un Roi. Curieux pour des pays républicains. Ce Roi ne se présente pas aux Primaires, il est ni Sarko ni Juppé. Ce qui permet de l’accueillir c’est que son royaume n’est pas de ce monde ! En même temps il ne nous tire pas du monde. Au contraire. Il vient aider notre naissance au monde. Avec lui. Et avec tous ceux qui sont ici : un groupe de clowns, des retraitants, etc. Christ, roi éternel, qui pour moi t’es fait homme, donne-moi, donne-nous, de te suivre, de répondre à ton appel en rendant grâce.

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Deuxième livre de Samuel 5,1-3.
Psaume 122(121),1-2.3-4.5-6.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,12-20.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23,35-43.

Finir l’année avec le Christ Roi, c’est la première fois que ça me surprend. Ça vient de Pie XI en 1925, pour l’année sainte 1600 ans après le Concile de Nicée. Manière de réagir par rapport à une société qui avance de plus en plus sans Dieu. Ça ne ressemble pas à une tentation de retour à un monarchisme catholique. C’est plus pour honorer ce temps social comme « l’ultime jour du Seigneur ». Le roi qui fait signe, sur qui Dieu a posé son onction, il vient dans la lignée de David et n’est roi comme aucun autre jusqu’ici. C’est le berger des nations. Il est l’agneau et le pasteur. Il est le roi, le serviteur. Un roi pas reconnu, un roi crucifié, tel un malfaiteur, et pourtant mon berger, celui qui me mène vers les eaux tranquilles. Pour fêter un tel roi, ses amis ne le pourront qu’en ayant éprouvé dans leur chair sa manière de traverser la vie et la mort. Jusqu’à reconnaître en lui un berger, chemin de vie, chemin de paix qui réconcilie tout ce qui est blessé et dispersé en ce monde.

Ce jour est comme une annonce du mystère de Pâques. Insaisissable, sauf par un cœur défait et refait, pleurant et revenu à la joie, perdu et revenu à la vie. Le cœur du bon larron. Il se laisse toucher par celui qui fait vivre, il choisit encore la vie au milieu de sa traversée malheureuse. Il choisit la joie : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ». Le monde sans Dieu de l’époque est plein de religion, mais d’une religion qui se moque de la vie, de la joie, de l’histoire sacrée de chaque créature de Dieu.

Le Christ Roi a pleuré sur Jérusalem qui n’a pas reconnu Celui que pourtant des foules acclamaient juste avant. Jérusalem, tes amis ont dansé de joie quand leur marche a pris fin devant tes portes. Et tu as été anéantie plus tard. Tu fêtes un roi qui va à sa passion après s’être donné en passant dans nos vies. Nous fêtons la fin de l’année de la Miséricorde, et tes portes auront-elles été reconnues par les tiens, par ton Eglise et tes bergers ? Le Dieu de Jésus Christ passe, traverse la mort, crée en parlant, se donne en partant : il y aura bien quelques fous pour accueillir l’Esprit qui l’animait, et transmettre le feu de sa miséricorde.

Père Olivier de Framond

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Publié dans 2016 framond