Dimanche de Pâques

Publié le par Père Roland Cazalis

L’évangile de Jean (Jn 20,1-9) nous montre avec détails que celui qui était naguère dans ce tombeau en est sorti librement. En effet, chaque chose est bien rangée à sa place. Il n’y a aucun signe d’effraction, de lutte ou de précipitation ici.

Ensuite, Jean nous décrit un événement singulier à l’aide de deux verbes antinomiques, « voir » et « croire ».

« Il vit, et il crut ».

L’expérience de Dieu est exactement cela.

C’est une rencontre comme le formule le philosophe Martin Buber, « c’est moi qui te cherche, mais c’est toi qui viens à moi ».

Dans cette rencontre, notre esprit s’ouvre tout d’un coup, à l’occasion d’un texte, à l’occasion d’une parole entendue, d’une scène anodine dont nous sommes témoins, et cette lumière que nous recevons est véritablement eucharistique.

Certes, nous avons besoin d’être initiés, et c’est le cas pour l’apôtre Jean, qui a été formé par la proximité et l’enseignement du Christ durant son périple pastoral.

Mais, ce que Jean vit, à cet instant, en entrant dans le sépulcre, est probablement plus fondamental que toute son initiation, car croire au Christ ressuscité, ce n’est pas la même chose que d’être témoin de signe grandiose en présence de celui qui l’opère.

Croire au Christ ressuscité, c’est recevoir cette grâce à un moment donné, et cette grâce est un don pour le futur de la vie, car on n’est plus sous le règne du signe, mais sous celui de la foi.

Le texte dit « Jusque là, en effet, les disciples n’avaient pas encore compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ».

Pourtant, le Christ l’a répété cent fois, mais cette « information » n’était pas intelligible.

Néanmoins, cette « information » demeure toujours inintelligible.

L’intelligence d’un tel événement ne peut pas venir de la sagacité du disciple, ni de sa vélocité mentale, ni non plus de la science du théologien. Face à cette réalité qu’est la Révélation, nous sommes tous à égalité.

Oui, ce voir dont Jean fait l’expérience, ce savoir est proprement eucharistique. Il ne peut qu’être donné, comme l’a vécu Jean ; il en peut être que reçu, comme on reçoit le corps et le sang du Christ et y communier.

Heureux sommes-nous, si nous avons faim et soif de ce voir qu’a reçu Jean.

Amen.

Père Roland Cazalis image http://mamiemiche.m.a.pic.centerblog.net/818ad92a.gif

Publié dans homelie_cazalis