C’est triste de voir des personnes âgées écartées

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

En visitant une maison de retraite, Benoît XVI a employé des mots clairs et prophétiques, il disait ceci : « La qualité d’une société, je dirais d’une civilisation, se juge aussi à la manière dont les personnes âgées sont traitées et à la place qui leur est réservée dans la vie commune » (12 novembre 2012). C’est vrai, l’attention aux personnes âgées fait la différence d’une civilisation. Dans une civilisation, existe-t-il une attention à la personne âgée ? Y a-t-il une place pour la personne âgée ? Cette civilisation avancera si elle sait respecter la sagesse, la sagesse des anciens. Dans une civilisation où l’on ne donne pas de place aux personnes âgées, où elles sont écartées parce qu’elles créent des problèmes, cette société porte en elle le virus de la mort.

En Occident, les chercheurs présentent le siècle actuel comme le siècle du vieillissement : les enfants diminuent, les vieux augmentent. Ce déséquilibre nous interpelle et c’est même un grand défi pour la société contemporaine. Et pourtant, une culture du profit persiste à faire apparaître les vieux comme un poids, des personnes inutiles. Non seulement ils ne produisent pas, pense cette culture, mais ils sont une charge : finalement, à quoi aboutit cette façon de penser ? On les met au rebut. C’est triste de voir des personnes âgées écartées, c’est triste, c’est dommage ! On n’ose pas le dire ouvertement, mais on le fait ! Il y a quelque chose de vil dans cette accoutumance à la culture du rebut. Mais nous sommes habitués à mettre les gens au rebut. Nous voulons supprimer notre peur croissante de la faiblesse et de la vulnérabilité ; mais en agissant ainsi, nous augmentons chez les personnes âgées l’angoisse d’être mal supportées et abandonnées.

« Une civilisation sans place pour les personnes âgées porte le virus de la mort » Catéchèse du 4 mars 2015 Rome, Traduction Zenit, Constance Roques (4 mars 2015) © Innovative Media Inc.

Le Pape François introduit le terme de « civilisation ». La civilisation, je pense, peut être définie comme l’enveloppe de la société qui l’aide par son doux maintien à se tenir dans l’ouvert de la vie. Le constat, c’est que notre société réfléchit beaucoup en termes de rebut, de charge, ce qui engendre, chez chacun, peur et angoisse… nous conduit à dévier en notre humanisation…

Père Jean-Luc Fabre
photo http://www.toutsurlaretraite.com/images/stories/480*360/retraite-dependance-1.jpg

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