La lèpre - l'exclusion - le combat toujours d'actualité

Publié le par Jardinier de Dieu

Rome accueille en cette fin de semaine le Jubilé des malades et des personnes handicapées qui s’achèvera dimanche par la messe présidée par le Saint-Père. Quelque 20.000 personnes ont convergé vers la Ville éternelle pour participer à ce temps fort de l’Année de la miséricorde. 

Dans ce cadre une grande conférence internationale est consacrée aux malades de la lèpre. Objectif : trouver des soins pour aider les patients, apporter une assistance à leurs familles, réduire ce fardeau d’une maladie encore aujourd’hui très stigmatisée. Les 200 participants, médecins, malades et familles du monde entier ont aussi abordé la question de l’intégration des lépreux dans la société. Et  les anciens malades de la lèpre ont témoigné la stigmatisation

Voici quelques témoignages :

"A 14 ans, on m'a diagnostiqué la lèpre. Mes parents m'aimaient et, pour m'éviter d'être blessé ou brûlé par les autres, ils m'ont enfermé dans une petite maison", a raconté Yuan Yahua, né dans une famille paysanne chinoise pauvre.

Vagavathali Narsappa, un Indien aujourd'hui à la tête d'une association d'anciens malades, a en revanche été chassé par ses parents. Il n'a retrouvé sa soeur que des dizaines d'années plus tard, lorsqu'elle a appris que ses enfants et ses petits-enfants étaient sains.

Le Japonais Natsuko Tominaga, 80 ans, a choisi de rester pendant 60 ans dans sa léproserie, alors qu'il était guéri depuis l'âge de 18 ans. Et ce pour soutenir ceux qu'il considérait comme sa nouvelle famille.

Rappelons-nous :

  • Le 4 juin 1995, Jean-Paul II a béatifié Père Damien, missionnaire belge, membre de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (dite de Picpus)
  • Le 11 novembre 2009, Benoit XVI l’a canonisé. Saint Damien est né "Jozef De Veuster" le 3 janvier 1840 à Ninde, Tremelo (Belgique), et mort le 15 avril 1889 à Molokai, Hawaï).  un lépreux parmi les lépreux dont la fête est célébrée le 10 mai.


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(photo 1 : Damien en 1873 ; photo 2 : Damien lépreux )

 

En décembre 1884, le docteur Arning informe le père Damien : il est atteint par la lèpre. Le diagnostic est confirmé en janvier 1885. Il en parle à son ami Charles Stoddard : « Je suis réputé moi-même attaqué de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber ».
Au début de 1886 une lettre de l'évêque d'Honolulu en annonce la nouvelle dans un périodique missionnaire catholique. Mais, débordant la presse confessionnelle et locale, elle fait rapidement le tour du monde. Les médias font de Damien un soldat héroïque blessé à mort sur le champ de bataille de la lèpre. Les dons affluent. Une souscription est ouverte sur le journal The Times londonien par l'ecclésiastique anglican, le Docteur Chapman. Des volontaires arrivent à Molokai : l'abbé Conrardy en mai 1888 et trois religieuses franciscaines en novembre. Les supérieurs religieux de Damien sont débordés, et peu contents de voir toute l'attention du monde et des bienfaiteurs se tourner vers un seul homme, ignorant le travail des autres missionnaires.
Damien n'accepte pas facilement ce qui lui arrive. Il était tellement convaincu d'être protégé par la Vierge Marie pour qui il a une dévotion sans bornes ! Dans sa correspondance il évite d'abord le mot 'lèpre'. Après quelques mois, il se résigne et fait face avec courage. Dans une lettre à son provincial : « Il n'y a plus de doute pour moi : je suis lépreux ». Homme de foi, il ajoute « Que le Bon Dieu soit béni ! »
À l'épreuve physique s'ajoute une épreuve morale. Son compagnon lui est retiré. Damien est de nouveau seul prêtre à Molokai. Plus grave encore - la lèpre étant souvent associée à la syphilis à l'époque - il est soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles. Il accepte de se soumettre à un examen médical (le docteur Arning) qui se révèle négatif. Finalement, son supérieur restreint drastiquement ses visites et contacts à Honolulu. Damien est un homme très seul, soutenu cependant par l'amour de ses lépreux. Il l'écrit lui-même dans ses lettres : plus que la lèpre ce sont les soupçons et incompréhensions de ses supérieurs qui le font souffrir.
La progression de la maladie n'arrête pas l'activité de Damien : il est prêtre, médecin, architecte et lépreux. Il continue et ne décourage pas...

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