Intention de prière universelle du Pape pour août 2014 - les réfugiés

Publié le par Jardinier de Dieu

« Pour que les réfugiés, contraints d'abandonner leur mission à cause de la violence, soient accueillis avec générosité et que leurs droits soient respectés. »

Nous rencontrons Dieu dans l’étranger ; ouvrir nos portes à l’étranger cela signifie, L’accueillir : j’étais étranger, et vous m’avez accueilli (cf. Mt 25,35).
A maintes reprises, nous avons été témoins d’actes d’hospitalité généreuse envers les réfugiés : des Tunisiens ont ouvert leur demeure et partagé le peu dont ils disposaient avec des personnes qui avaient fui la violence en Lybie. Au Togo, la plupart des chercheurs d’asile qui avaient fui la violence en Côte d’Ivoire ont été logés dans des familles d’accueil. En France, le réseau « Bienvenu » est un exemple d’hospitalité en action, consistant dans l’offre d’un toit temporaire aux chercheurs d’asile, par des familles et des communautés religieuses.
Il est vrai, toutefois, qu’en général l’attitude envers les chercheurs d’asile et les réfugiés soit plutôt hostile : ils sont perçus comme de fâcheux concurrents pour les emplois, les terres et les biens publics, comme des criminels, voire même comme des dangers pour le bien-être public ou la sécurité nationale. Certains Etats ont tout fait, pendant des années, pour fermer leurs frontières aux immigrés « non souhaités ». En conséquence, des hommes, des femmes et des enfants qui ont d’urgence besoin de protection sont renvoyés dans des pays où ils courent le danger d’être soumis à la faim, à la violence ou à d’autres violations de leurs droits humains. Beaucoup d’entre eux finissent même dans des centres de détention.
L’hospitalité est cette valeur profondément humaine et chrétienne de reconnaissance des droits de quiconque, non parce qu’il ou elle serait membre de ma famille ou de ma communauté ou encore de ma race ou de ma foi, mais simplement parce qu’il ou elle est un être humain qui mérite accueil et respect. Les Ecritures juives et chrétiennes insistent les unes et les autres sur l’importance de l’hospitalité due aux étrangers. Ceux qui la pratiquent sont récompensés : un fils est donné à Abraham en raison de son hospitalité (Gn 18,1-10 et 19,1-3). Par conséquent, Ne négligez pas l’hospitalité ; c’est en la pratiquant que, sans le savoir, certains ont accueilli des anges (He 13,2).
Pour de nombreuses civilisations et religions, l’hospitalité est aussi une valeur fondamentale. Dans l’Islam, le Coran appelle les musulmans à « être bons … pour le voisin qui est leur parent, pour le voisin qui est un étranger, … et pour le voyageur » (4.36).
Pour les Pachtouns, melmastia (hospitalité) est un des dix principes qui forment les composantes principales de leur code éthique (Pashtunwali). L’hospitalité est aussi hautement estimée dans l’Ecriture bouddhiste : le Dhamma-pada (un abrégé pali des enseignements du Bouddha) préconise une vie généreusement offerte en dépassement des souffrances qu’entraînent les désirs et besoins insatiables. Dans l’hindouisme, le Taittiriya Upanishad propose une forme d’hospitalité qui accueille les hôtes comme s’ils étaient divins. Dans le judaïsme, « faire preuve d’hospitalité » (hakhnasat orchim) envers les hôtes est considéré comme un mitzvah. Si quelqu’un connaît des étrangers qui sont affamés ou qui ont besoin d’un endroit où se reposer, cela devient une obligation légale. Certains rabbins considèrent l’hakhnasat orchim (littéralement « l’introduction d’étrangers ») comme une partie du gemilut hasadim (« le don d’une bonté affectueuse ») qui constitue un élément de base de la tradition juive.
L’hospitalité ne consiste pas à se rendre sur le lieu où les réfugiés se trouvent, à être avec eux et à les aider à cet endroit-là. C’est d’abord et avant tout les laisser venir là où nous sommes. L’hospitalité consiste à créer un lieu sûr où les hôtes et leurs invités puissent expérimenter la confiance, l’acceptation mutuelle, qui rendent possible la connaissance approfondie les uns des autres. Offrir l’hospitalité, cela signifie reconnaître l’individu, qui ne sera pas traité comme un numéro anonyme, mais qui doit être reconnu comme porteur du « droit d’avoir des droits ». L’hospitalité ne se réduit donc pas à une initiative privée. Elle comporte aussi une dimension politique importante : celle d’un défi posé non seulement aux individus, mais également aux sociétés entières et aux Etats.

Amaya Valcárcel
Service Jésuite des Réfugiés (JRS)
Coordinatrice de l’advocacy au JRS international

http://www.prieraucoeurdumonde.net/prions-pour-les-autres-intentions-de-l-ete#prions-pour-les-refugies

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