Vendredi 28 avril : pain et poisson en surplus !

Publié le par Père Olivier de Framond

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15.

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

**************

Le lac de Tibériade ressemble à un lac des signes … La Bonne Nouvelle est de sortir d’un attentisme passif et idolâtre de « signes miraculeux » pour une contemplation active de l’œuvre de Dieu en nous, chacune et chacun. Les disciples eux-mêmes n’en sont pas encore là. Moi pas plus.

Ce qui est fort, c’est la manière dont Jésus aide ce passage en ses amis. Il met à l’épreuve ! « Alors, Philippe, que fait-on pour qu’ils reprennent des forces ? ». Houla, euh, ça va pas faire, car je compte bien et il y en a pour 7 mois de salaire ! … L’épreuve est contagieuse, elle gagne André. Il a remarqué un garçon avec 2 ou 3 trucs, mais ça va jamais suffire ! L’épreuve éveille à ce qui va se passer. Elle implique et engage la mise en route d’une attention nouvelle, une naissance pascale ! Le temps et l’Esprit feront le reste. Pour Jésus cela suffit.

Jésus initie un mouvement d’échange où donneurs et récepteurs sont engagés. Il naît d’un regard sur les petites choses à quoi on ne prête pas attention, portées par un enfant, quelqu’un qu’on considère peu. Si je le reçois en rendant grâces, un regard, un accueil, une vie, un surplus en jaillissent, qui toucheront au-delà de cette foule-ci. C’est bien plus que des signes.

Père Olivier de Framond, image https://alecoutedesevangiles.files.wordpress.com/2013/07/multiplication-pains-3.jpg

Publié dans 2016 framond