Jonas et le Samaritain

Publié le par Père Olivier de Framond

Avec ce sympathique Jonas (Jon 1, 1 – 2, 1.11), c’est un peu le monde à l’envers : le prophète qui prend la tangente, et les païens qui croient en Dieu ! Le pauvre Jonas, Dieu lui a parlé, alors il fuit, il en a assez d’être ce prophète isolé par la parole de conversion aux oreilles endurcies. « Moi je crains le Seigneur », dit-il aux marins. C’est eux, une fois Jonas jeté à la mer déchaînée, qui sont saisis par la crainte du Seigneur ! En fait, la parole de Dieu adressée à Jonas continue d’agir, quand bien même Jonas cherche à la fuir. Jonas n’a pas vu la conversion des marins. Il n’a pas vu le Seigneur parler à la baleine par deux fois, dans son baptême qui le fait naître sur la terre ferme.
Craindre Dieu, mais comment ? En fait, il s’agit de seulement laisser la Parole du Seigneur entrer en moi et faire son chemin. Même si je n’ai pas envie d’être prophète de sa Parole, même si je fuis par peur qu’elle soit mal reçue, la crainte du Seigneur qui plaît à Dieu est celle qui croit jusqu’à ce que sa Parole s’accomplisse. C’est vrai, aller et parler à notre monde, nos écoles, nos entreprises, nos conseils d’administration, et même nos Eglises parfois, pour nous ouvrir au regard de Dieu sur nous-mêmes, je peux avoir envie de fuir. Ils en sont tellement loin ! Et moi peut-être aussi ? … Le Samaritain de l’évangile (Lc 10, 25-37) connait une telle crainte : il est pris de compassion pour le blessé. Il laisse le regard de Dieu et sa Parole agir. Sans jouer les sauveurs, puisqu’il confie l’homme à l’aubergiste.
Il n’y a plus qu’à aimer la Vie, avoir soif d’une eau qui se transforme en source jaillissant en vie éternelle. C'est plus que « faire » des trucs, faire ses corvées.

Père Olivier de Framond, image  http://i57.servimg.com/u/f57/15/90/03/30/craint10.jpg

 

Publié dans 2016 framond

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