Lc 10, 25-37 Avoir la vie éternelle en héritage...

Publié le par Père Olivier de Framond

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,25-37.
En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »
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Avoir la vie éternelle en héritage … Curieuse expression. Pour dire « être un vivant, mourir vivant, exister au-delà de ses morts petites ou grandes » ? … Pas seulement les mots sont curieux ici : pourquoi vouloir mettre Jésus à l’épreuve ? pourquoi vouloir se justifier ? Tout est bizarre ; sauf ce à quoi Jésus nous mène : l’histoire du pauvre et du Samaritain. Etre un vivant et le demeurer, c’est se faire le prochain de l’autre, maltraité. Si je m’arrête à mon besoin de reconnaissance, pour que mes maîtres voient combien je pratique la Loi et la miséricorde, je ne suis pas encore un vivant ! Pétard, alors quand le serai-je ?? …
Accueillir la Parole qui fait vivre, c’est quand une vie croisée et abîmée me fait faire un pas de plus. « Il le vit et fut saisi aux entrailles » : là s’accueille la Parole, Dieu, humilié, donné aux hommes pour que la Vie advienne, celle du pauvre et alors, la mienne, la nôtre, celle du monde. Car la vie éternelle ne demande pas de jouer les sauveurs, il y aura toujours quelque aubergiste pour prendre la relève, à qui se relier. La vie éternelle, ce n’est pas mon affaire, c’est celle de notre corps d’humanité tout entier qui se laisse toucher par la vie de Dieu en mal d’enfantement et gémit tant qu’elle git bafouée et ignorée. Ami étranger, tu m’enseignes les chemins de la Vie.
Père Olivier de Framond

Publié dans 2016 framond