Lc 11, 5-13 commencer par demander [i]

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Luc 11, 5-13 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.”
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”
Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

***

« Demandez » C’est bien le maître mot de ce passage d’Evangile. Et nous pourrions montrer tout ce que la demande offre comme nouveautés possibles et désirables aussi bien à celui qui la formule qu’à celui qui la reçoit. Et dire l’intérêt profond de la demande. Toutefois, l’enjeu humain n’est pas là. Il y a comme un voile qui recouvre la demande et que notre Seigneur s’efforce de disperser pour rendre celle-ci vraiment possible. Passer par un moteur de recherche avec le mot « demande » laisse surgir trois types d’images en lien avec ce mot : celles de procédure pour demander la naturalisation, la carte de séjour [le moins que l’on puisse dire : c’est complexe], puis des schémas d’offre et de la demande en économie [là aussi nous sentons la tension sous-jacente] et enfin on trouve des hommes faisant de manière grandiloquente leur demande en mariage. La demande est donc, pour nous, en lien avec la rareté, avec le risque profond de ne pas pouvoir équilibrer demande et offre, la crise, le malheur  ne sont donc jamais très loin de ce mot de demande qui peut ainsi nous précipiter dans des situations périlleuses. Le Seigneur met donc le doigt sur une peur importante de l’homme : dans la demande, le retour n’est pas évident…. Aussi Jésus propose une étape intermédiaire

« Vous savez donner de bonnes choses » Il s’agit de mettre en évidence chez ses interlocuteurs le fait qu’en eux, il y a une source de bonté, de don qui ne s’épuise pas[i]. Dès lors ses interlocuteurs peuvent s’ouvrir à la possibilité d’une demande qui s’adresserait à une source autre, non limitée et de ce fait capable d’offrir en retour. Jésus peut donc proposer que les disciples demandent au Père céleste…

« Le Père céleste donnera l'Esprit Saint » Il nous faut tout de même remarquer que c’est le Fils qui nous le dit, lui qui est situé entre le Père et l’Esprit, lui qui donnera l’Esprit en mourant sur la Croix. Ce don du Père est porté par le don de la vie humaine du Fils. Ne l’oublions pas ! Rendons grâce au Fils qui donne, qui se donne et par là nous rend capable de demander et de donner à notre tour, d’être pleinement vivants.

Père Jean-Luc Fabre

Photo http://www.boundless.org/~/media/Images/article/adu-05-pray-boldly.ashx?h=356&w=632

______________________________

[i] Le don peut aussi être contraint.