Lc 17, 11-19 lorsque l’indétermination dure, un autre champ de relations, plus profond, peut surgir…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Selon le cadre que je retiens, l’événement me conduit dans une direction ou une autre…

Selon le cadre que je retiens, l’événement me conduit dans une direction ou une autre…

Luc 17, 11-19 Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : « Allez-vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »

La parole évangélique est riche d’un très grand nombre de possibles. L’inspiration joue pour ce qui a été mis dans le texte mais aussi pour ce que la lecture du texte peut inspirer. Bien des commentaires peuvent être faits…(1) (2) (3) Ici nous pouvons retenir qu’un événement surgit à travers la rencontre de ce groupe de lépreux avec Jésus, Ce groupe demande à Jésus d’être guéris. Jésus donne la guérison et les renvoie dans leur vie.

Et là, dans cet événement de la guérison, la liberté de chacun va pouvoir se mettre en œuvre, agir pour orienter la vie nouvelle marquée par la guérison qui a fait événement, dans un sens ou dans l’autre… Sur les dix, un seul revient. Il nous est dit qu’il est samaritain et donc non juif. Il ne peut faire ce qui était proposé, un autre chemin s’ouvre alors à lui, celui de la libre reconnaissance, simplement à partir de la prise de conscience du don reçu.

Nous pouvons légitimement nous dire qu’il trouve ce chemin, parce que demeure en lui une autre pauvreté, celle de ne pas être juif parmi les juifs, inclus, ré-inclus dans une solidarité qui soutient mais qui aussi enferme… Mais il n’en demeure pas moins que s’ouvre là un chemin autre, celui de la reconnaissance… Nous pouvons en tirer un certain profit.

Alors nous pouvons nous dire que demeurer dans la pauvreté, dans une pauvreté plus forte,  peut conduire ainsi sur un plus grand chemin de vie, la plus grande pauvreté peut faire croître, celui qui la vit, en une plus grande liberté, en une manière de vivre encore plus reliée au Christ…

N’ayons pas peur de vivre ces moments d’indécision, recevons les, laissons-nous façonner par eux, le chemin d’une plus grande vie peut alors s’ouvrir.

Ignace disait que la pauvreté devait être aimée comme une mère…

Père Jean-Luc Fabre

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