Lc 21, 29-33 Mes paroles ne passeront pas !

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Luc 21, 29-33

En ce temps-là,
    Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
    Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
    De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche.
    Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
sans que tout cela n’arrive.
    Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas. »

***

« Jésus parlait à ses disciples de sa venue » Comment parler de ce qui n’est pas, de ce qui n’est pas encore ? Ce qui n’est pas encore et que nous portons en nous, c’est certainement ce qu’il y a de plus tendre en nous, de plus délicat, là où sourd notre être, un peu comme un bourgeon, par où passe la vie future, notre vie future. Nous sommes gros de ces paroles, peut-être un peu comme la femme qui porte son enfant en son sein… Aimer, disait Jean-Claude Sagne, c’est donner à l’autre ce que nous n’avons pas. Il faut beaucoup de confiance en l’autre, en sa délicatesse, pour oser exprimer ce que son cœur porte comme promesse. Un autre chemin pour pouvoir parler de ce dont nous sommes porteurs, c’est de se risquer à témoigner. Cela veut dire que nous prenons alors appui sur la confiance envers un « Autre », sur sa délicatesse pour parler à un autre interlocuteur, en lien avec cet Autre. La tendresse de l’Autre nous donne de parler aussi tendrement à celui qui n’est l’est pas ou pas encore… La tendresse de Dieu est notre bouclier véritable qui nous donne d’avancer, d’aller encore à l’autre...

« Le royaume de Dieu est proche » Il est bon de prendre le temps de réaliser que le fait que Jésus parle à ses disciples de sa venue est une chose qui ne va pas de soi, qu’elle est de grand prix, tout comme son annonce du Royaume et de sa proximité. Cette annonce qui s’étend tout au long de sa vie publique, dans la durée apparaît finalement dans sa dimension tragique. L’annonce, la venue du Royaume demandent son offrande, le don de lui-même. Le Royaume sera là, quand lui, Jésus, ne sera plus. L’occasion, pour nous, de reconnaitre que la source qui nous permet de s’adresser à un autre en nous peut se tarir. Oui, reconnaissons-le mais sachons aussi qu’elle peut se mettre à couler à nouveau de par la confiance en Dieu que nous pouvons avoir. La relation avec Lui peut redonner confiance en nos autres relations, nous redonner la libéralité de la gratuité pour aller de nouveau à l’autre, recommencer…. C’est bien à partir de sa propre foi nourrit de sa confiance en Dieu que Jésus s’adresse à nous jusqu’au bout. Il porte ainsi le devenir possible de chaque personne, de chaque relation intra-humaine.

« Cette génération ne passera pas sans que tout arrive » la parole de Jésus est poussée à l’extrême. Il dit, en ces jours, la réalisation de celle-ci sans le moindre signe du commencement de sa réalisation. Il ouvre ainsi paradoxalement dans ce néant dans lequel il s’engouffre, le chemin du devenir absolu. Jésus se fait passage pour tous, il se donne, il s’abandonne. Ses paroles, ses gestes deviennent portiques de la nouvelle vie, eucharistie éternellement offerte. Paroles et gestes demeurent pour toute la durée de l’histoire humaine. Ils sont les actes offerts, disponibles dans lesquels chaque humain peut se recevoir, redevenir, entrer dans la vie. Ainsi se termine l’année, dans cette promesse grandiose qui s’étend à toute l’humanité mais en même temps tenue dans la pauvreté et le dénuement extrême. Il est le Roi, le Serviteur !

Père Jean-Luc Fabre

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