Lc 9, 7-9 Savoir chercher… comme Hérode, comme Moïse…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Jeudi 25e semaine du temps ordinaire

Luc 9, 7-9 En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, entendit parler de tout ce qui se passait et il ne savait que penser. En effet, certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts. D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.

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« Il n’y a pas de lieu sans Ouvert.»

Henri Maldiney, Conférence au colloque d’Angers, 16 octobre 1999, pp.22-23.

La figure d’Hérode est surprenante, un mélange d’intérêts, de curiosités envers Jésus et aussi une terrible faiblesse envers l’image qu’il peut donner de lui-même, avec la scène terrible de la condamnation à mort de Jean Le Baptiste pour ne pas perdre la face devant ses proches… Dans ce passage de saint Luc, Hérode trace un cheminement d’ouverture… pour un homme de pouvoir qui sent naître en lui l’appel à devenir pèlerin… Saura-t-il aller au-delà, troquer sa place centrale pour devenir ce pauvre à la périphérie désirant rencontrer l’autre ? Et, nous faisons-nous de même, sommes-nous Hérode, ou sommes-nous Moïse ?

 

« Il ne savait que penser. En effet, certains disaient » Penser demande de prendre appui sur un élément stable, ou éprouver comme tel. René Descartes le dit, lui-même, d’une certaine manière paradoxale. C’est d’éprouver le doute qui le conduit à déclarer son existence dans sa fameuse formule « je pense donc je suis ». Là, à partir du dire des uns et des autres, Hérode ne sait que penser… Il est confronté à une multitude d’échos non parfaitement cohérents. Cela le sollicite personnellement…

 

« Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Un désir se fait jour en lui, un désir de connaître la source de ce qui l’intrigue, Un détournement se propose à lui, une question qui l’éveille le suscite, une invitation qui s’offre à lui, dont la réponse ne dépend que de lui… Sachons repérer en nos vies, ce qui surgit et qui nous sollicite indépendamment de tout le reste. Notre réponse signe alors la personne que nous sommes ? Restons-nous sur notre trajectoire habituelle ou risquons-nous une ouverture ?

 

« Et il cherchait à le voir » Il y a loin de la coupe aux lèvres, de l’intention à la réalisation… Découvrir sa capacité d’action véritable, se mettre en mouvement, lâcher sa position, s’ouvrir, devenir pèlerin… Par-là, seulement, la nouveauté, qui me fait signe, peut me rejoindre… Mouvement toujours offert, depuis Abraham, qui quitte son pays, depuis Moïse qui se détourne et enlève ses sandales. Hérode restera dans l’entre deux, inactif… Sachons, nous, entrer dans la nouveauté du jour, sachons devenir pauvre pèlerin de notre quotidien, le Seigneur nous y attend.

Père Jean-Luc Fabre

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