Mt 11, 16-19 Ne soyons pas insignifiants ! Durons dans l’agir !

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Hugo von Hofmannstahl dit que« La réalité est une signifiance insignifiable ». Pas de définition égale à celle-là. L’ouvert est tout signifiance. Tout le reste ne fait qu’y participer.

Henry Maldiney

Matthieu 11, 16-19 En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

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« Des gamins assis sur les places » notre vie sociale nous ramène très souvent, qui que nous soyons, à devoir rester assis, à subir et à tenter de commenter les événements, qui souvent deviennent de pseudo-événements. C’est bien un lot partagé par l’humanité aussi bien par ceux qui subissent la société de consommation, de spectacle que ceux qui semblent la diriger : présidents, directeurs, journalistes... Alors voilà tous nos cafés, nos blogs, nos propos de table, nos lieux de convivialités  avec un temps qui bien souvent risque de se perdre dans l’insignifiance… Et pourtant…

« C’est un possédé » Il nous arrive, parfois, de croiser des personnes qui semblent occupées, prises, condensant une énergie qui met ensemble des êtres et des choses, elles ont quelque chose à faire et quelque chose qui compte pour elles, elles s’y donnent à fond, elles entrainent le regard étonné des passifs qui tournent en rond qui font retomber sur elles un critique : pas assez de ceci ou trop de cela… Mais que leur importe, elles avancent, maintenues surtout par la recherche de leur étoile… qu’elles soient riches ou pauvres, d’ailleurs, éduquées ou simples…

« La sagesse de Dieu a été reconnue juste » Le juge de paix quel est-il ? Le temps passé qui souvent aura été l’occasion d’amener chacun à durer dans son effort, à traverser des vicissitudes à l’image de Dieu qui, en plus de créer, se manifeste comme celui qui maintient, reprend, continue son œuvre de création avec chacune de ses créatures. Voilà le secret en nos vies, croire et durer dans la foi active, en faisant le peu que nous pouvons faire, en le donnant… Le projet impossible par des chemins inconcevables aura été établi, une situation perdue est retrouvée…

Pour aller à la Crèche vraiment, encore faut-il s’y présenter comme les bergers, pauvres mais devant vivre, se renouveler dans l’ouvert pour se maintenir, ou comme les mages, riches mais pris dans la passion de la recherche qui les maintient dans l’ouvert. Le temps avance, quittons notre attitude de recul, de jugement, agissons… Soyons dans l’ouvert ! Alors notre foi pourra recevoir le don infini…

Père Jean-Luc Fabre

[Source http://www.lebarapetitspots.com/wp-content/uploads/2015/06/semer-bombes-graines1.jpg ]