Mt 17, 1-9 Comment le Seigneur nous propose de le suivre - 12 mars 2017

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Mt 17, 1-9 En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

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Toute l’histoire de l’Eglise est marquée par le fait que de nombreux chrétiens se sont mis un jour à suivre le Christ de plus près, parfois pour de grandes choses, le plus souvent d’une manière bien plus modeste mais tout aussi réelle. Ce passage de l’Evangile vécu par Pierre, Jacques et Jean peut être pour beaucoup d’entre nous comme un repère pour prendre conscience de la manière dont le Seigneur procède avec nous. Lui qui ne cesse de prendre certains avec Lui, pour leur offrir un temps intense de connaissance intérieure de lui-même.

« Il fut transfiguré devant eux »  Au début, il y a un moment fort, qui va marquer un avant et un après, quelque chose qui met en mouvement, enthousiasme, une vision, une manière autre de voir le réel. Je vois alors quelque chose de nouveau, de désirable, qui me met en mouvement… Peu à peu, cette vision doit évoluer, connaître une transformation. C’est alors comme un appel dans l’appel : un ailleurs, une parole, une injonction, une entrée dans une profondeur, une intimité partagée s’ouvre… Une parole retentit !

« Écoutez-le ! » un temps nouveau, plus calme aussi, un temps qui peut se déployer, où je puis être avec cette nouveauté davantage moi-même, où je ne suis plus excédé, où je m’ouvre au dialogue, à la rencontre, à la possibilité de pouvoir être déplacé librement.  C’est un temps qui dure, qui se déploie. C’est à vrai dire le temps de l’existence même du Seigneur. Jésus à travers tout ce qui arrive, tout ce qui lui arrive, nous y enseigne ce qu’est la joie, la joie de la mise en route, la joie plus sombre de la douleur partagée, la joie limpide de la disponibilité du service. Jésus va ainsi nous parler jusqu’à sa mort, là où il aura tout donné, jusqu’à l’extrême, en nous parlant complétement. Partager cette épreuve où il se manifeste, nous fait tomber nous-mêmes dans une prostration radicale. C’est de celle-ci qu’il vient nous tirer, lui le Vivant ayant traversé la mort.

« Relevez-vous et soyez sans crainte ! » La main tendue, nous aide à nous relever. Une marche bien plus personnelle alors s’ouvre à nous. C’est le temps de la résurrection, une vie radicalement nouvelle s’invente alors. La vraie vie pour nous, loin de la peur. La vie simplement, la vie qui se donne… Je ne suis plus préoccupé de moi-même, je suis pleinement disponible au service, assuré comme jamais de mon être en relations.

Voilà la promesse qui nous est faite pour continuer le chemin du Carême avec Lui. Sachons marcher avec elle.

Père Jean-Luc Fabre

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