Mt 18, 1-5.10 Commencer par le commencement [1]

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Matthieu 18, 1-5.10 Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux et leur déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci et mon nom, c'est moi qu'il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. »

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Je pense que nous voulons souvent dans nos vies arriver aux objectifs par nous-mêmes. A vrai dire, un autre chemin nous est proposé par le Seigneur.

« Comme les petits enfants »qu’elle est donc la caractéristique dans leur manière de faire ? Les enfants manifestent souvent cette capacité extraordinaire d’être ouverts à la nouveauté, ils acceptent les choses nouvelles, les nouvelles expressions, les nouvelles manières de faire, certainement portés qu’ils sont par ce goût de la nouveauté, de la découverte, de l’apprentissage des mots notamment, de ce monde qui grandit avec eux…

« Si vous ne changez pas pour devenir » Si cela est bien vrai, alors la question devient : comment pouvons-nous envisager de devenir comme eux ? Nous pouvons chercher par nous-mêmes, nous pouvons aussi chercher à trouver appui dans l’expérience de ceux qui nous ont précédés. Ainsi dans la vie de celui qui allait devenir saint Ignace de Loyola, il y a un moment important où sa vie a basculé. C’était à la sortie d’une crise de scrupules qui le conduisait au suicide. Pour s’en sortir, il a été amené à renoncer à l’idée d’être parfait, d’accepter qu’en lui du « oui » et du « non » demeurent vivaces. Il a alors pu recevoir les choses comme elles venaient, tout simplement, dans la relation avec le Seigneur, relation qui est devenue première et équilibrée, en acceptant de donner et de recevoir. Ainsi il entrera dans une vraie attitude de discernement en posant ses choix en fonction de la relation avec son Seigneur sur toutes les dimensions de son existence. Après une vie extrêmement ascétique, il se remettra à manger de la viande sans scrupule, il renoncera aux illuminations du soir qui l’empêchaient de se reposer et nuisaient à sa santé. Il dira, dans son récit autobiographique, qu’à cette période le Seigneur se comportait avec lui comme un maître d’école.

« Amen, je vous le dis » Alors ce chemin comment pouvons-nous l’entreprendre ? En vivant d’abord un lâcher prise, comme Ignace l’a vécu. Nous ne retrouvons cette capacité à se laisser engendrer par la relation, en renonçant à se construire nous-mêmes. Et pour cela, nous avons à expérimenter que notre manière de nous construire par nous-mêmes, ne mène à rien, nous retrouvons alors la manière d’être enfant dans la confiance que nous pouvons avoir envers une autre liberté dont nous acceptons de dépendre gracieusement.

Nous ne sommes pas autre chose que des disciples, appelés à nous fier à cette parole qui se nomme. C’est à partir d’elle qu’il nous faut commencer… c’est Lui qui nous conduit, Il nous conduit surement. Faisons lui confiance !

Père Jean-Luc Fabre

[1] Texte écrit lors d’une retraite au Cénacle de Versailles octobre 2014

Source de photo http://img.scoop.it/yb-5S7AdnIysmBUDccB6DDl72eJkfbmt4t8yenImKBXEejxNn4ZJNZ2ss5Ku7Cxt

Mt 18, 1-5.10 Commencer par le commencement [1]