Mt 5, 20-26 Une justice supérieure… comment cela peut-il se faire ?

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Mt 5, 20-26 Une justice supérieure… comment cela peut-il se faire ?

Jeudi (10ème Semaine du Temps Ordinaire)

Matthieu 5, 20-26 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

***

« Si votre justice ne surpasse pas » Jésus nous challenge. Aussi voulons-nous répondre bravement. Mais cette parole nous la recevons, aujourd’hui, dans la lumière du temps pascal qui vient de s’achever. Nous recevons de ce temps liturgique un nouvel éclairage, la possibilité de prendre autrement la question. Ce à quoi la Mort et la Résurrection du Seigneur ne cessent de nous renvoyer en toutes les dimensions de notre vie, nous n’avons plus à prendre les questions comme avant mais bien à partir de ce retournement qui agit sur l’ensemble de l’humanité, la marquant toute entière d’un sceau nouveau. Le surpassement de la justice ne se trouvera donc pas dans un effort pour faire davantage du même mais dans le fait de prendre autrement la question. Alors comment faire ?

 

« Moi, je vous dis » Prendre appui sur le Seigneur, la nouveauté véritable en notre monde. Prendre sa perspective, et Paul comme les premiers chrétiens l’ont bien vu. Le Christ Jésus a donné sa vie pour les autres, il a fait par là œuvre de justice véritable en ne s’isolant pas du reste mais en assumant tout de l’humanité, la sienne et la nôtre. Et c’est bien ainsi qu’il a réalisé la justice véritable celle qui doit s’établir entre l’humanité et Dieu. En Jésus, la réponse de l’antique Genèse survient, « qui m’a établi gardien de mon frère », « c’est la femme que tu m’as donné qui m’a »… L’enjeu est bien pour chacun d’assumer la situation globale dans laquelle il se trouve, faire ainsi en sa situation comme le Fils fait homme a fait…


Viens, entrons dans la danse

« Si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi » la grâce des grâces est bien de voir le monde comme Dieu le voit, comme le Fils le vit, découvrir que ce qui nous donne notre identité véritable n’est pas notre point de vue personnel, notre responsabilité mais l’appel qui nous est lancé et la réponse que nous lui donnons. Dès lors, ma justice ne prend plus appui sur mon activité propre mais sur le devenir global de l’humanité dans la manière dont elle tisse son unité plénière. A chacune de nos eucharisties, ces manières de voir et d’être prennent plus de consistances en nous. Ne croyons pas que cela soit au-delà de nos forces, ne faisons-nous pas déjà ainsi pour ceux que nous aimons, qui creusent en nous une générosité sans fond… Laissons le Seigneur animer encore davantage nos vies… et la gratuité nous animera et le Royaume surviendra pour tous. Aller, viens, entrons dans la danse…

Père Jean-Luc Fabre

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