Mt 9, 14-17 ouvrir sa vie à l’aujourd’hui pour qu’elle trouve sens…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Matthieu 9, 14-17 En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

« Alors que nous et les pharisiens » Un groupe s’appuie sur une pratique similaire d’un autre groupe pour promouvoir sa manière de faire. Ici, les disciples de Jean Baptiste qui jeunent, s’appuient sur les pharisiens qui jeunent, pour imposer une normalité du jeun à tous, et notamment aux disciples du Seigneur Jésus… La majorité a-t-elle toujours raison dans sa pratique commune ? Un espace est mis en avant… qui tend à s’homogénéiser, à produire exclusivement de l’identique… Nous sentons bien que cette manière de faire n’est pas satisfaisante. Pourquoi, parce qu’elle ne prend pas en compte la raison du jeun [et, là, les différences éclateraient], mais la nécessité apparente d’une entente commune sur une pratique sans plus, non reliée à ses raisons profondes… La parade envers cette tentative hégémonique vient donc rapidement dans la bouche de Jésus. A cette manière de voir figée, il propose de s’ouvrir à ce qui se vit au  moment même. Le sens pourra s’imposer.

« Pendant le temps » La vie n’est pas une série d’obligations extérieures à respecter mais un surgissement intérieur et extérieur à soi, qui offre une consistance à la manière d’être qui cherche à y  répondre. Alors ici, maintenant, et bien ces hommes, ces femmes, ils suivent le Seigneur Jésus et c’est cela qui compte pour eux, qui les remplit, les fait vivre… Jésus s’appuie sur l’image des noces et de l’Epoux pour en manifester le sens. Un don se fait, il est à recevoir, ils ont à s’en réjouir pleinement. Ensuite, d’autres choses viendront, qui elles aussi seront porteuses de sens et auront à être reçues en tant que tel. A travers cette succession, un sens encore plus profond se révélera.

« Mais des jours viendront » une promesse pour l’avenir, centrée sur l’Epoux. Le jeun trouvera son sens dans la vie avec l’Epoux. Lorsqu’il est présent, cela porte à la joie, lorsqu’il est absent, cela porte au manque, au jeun et à la douleur. A chaque fois, le Seigneur Jésus est au centre de l’action symbolique du groupe des croyants. Pour nous, les chrétiens, loin des temps évangélique, ce passage d’Evangile est riche d’enseignement sur la manière de comprendre la liturgie. Elle n’est pas une masse de rites extérieurs, précis à respecter, qui donnerait sens par eux-mêmes. Elle est quête actuelle symbolisée du Seigneur Jésus qui, par son Esprit, se donne aujourd’hui dans la reprise actualisante du temps évangélique. Un peu comme pour le sage chinois, il ne s’agit pas de rester sur le doigt mais de percevoir que le doigt nous montre la lune. En tout, cherchons à nous unir au Christ Jésus qui se donne en tout.

Père Jean-Luc Fabre, image http://www.waldighoffen.com/vie-pratique/dossier-securite-et-sante/monoxyde-de-carbone/depliant-monoxyde-de-carbone/ouvrir-les-fenetres.png/image

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