Pèlerins de la lumière, qui marchez dans les champs de la nuit, vous voici, nous voici.

Publié le par Père Olivier de Framond

Pèlerins de la lumière, qui marchez dans les champs de la nuit, vous voici, nous voici. Que sommes-nous ici, à attendre, à espérer ? Seuls nos cœurs peuvent répondre. J’attends, comme vous, une lumière, que la terre s’éclaire, qu’un chemin de vie s’ouvre et s’offre à nos yeux. J’attends une lumière dans le fond de nos yeux, dans la nuit des pays, avec tous ceux qui marchent. J’attends l’ange de Dieu éclairer notre route. J’attends avec vous de la reconnaître, la lampe, en cet enfant qui naît, que le ciel nous a donné. Ouvre nos cœurs, lumière de NOËL !
L’ange du Seigneur, qui est-il, mystère, mais c’est notre éveilleur d’attention. Il met en nous un instant de crainte, juste le temps d’accueillir ce qu’il fait pressentir : une naissance pas comme les autres. C’est une naissance qui donne naissance. Elle vient comme une lumière qui en allume d’autres, si bien que tout prend vie. Avant l’ange, on a comme une vie sans vie, du plus grand au plus petit : la terre s’agite avec un empereur, la région de Syrie, un coin de Galilée, une ville, Bethléem, un couple, Joseph et Marie, en conséquence. Tout ça finit dans une mangeoire, où un enfant naît, le 1er né de Marie… Et cette naissance fait venir l’ange ! Et l’ange vient à ceux que le Seigneur aime : ceux qu’il trouve encore debout en pleine nuit, des bergers ! Tout s’éclaire et naît, du plus petit jusqu’au plus grand : la grotte, les campagnes des alentours, la ville de David, le ciel, la terre des hommes ses bien-aimés.
L’ange du Seigneur, c’est mon éveilleur. Avec lui le monde naît à la parole : la mangeoire, la grotte, le pays, la ville, la terre, le ciel ! Notre église devient le champ de la nuit des bergers visités. L’ange passe de lieu en lieu, sur toute notre ville, la région, le pays, les continents. Il nous mène au seul cadeau de Noël : un cœur qui s’ouvre, se met en route, s’étonne, rend grâce, apprend à aimer, à aimer cette terre avec toute sa vie et ses blessures. Les arbres dansent de joie. L’ange du Seigneur, autour de l’Enfant de la mangeoire, nous fait danser. Il met une lumière intérieure en notre grotte intérieure, en notre nuit. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever la lumière. Le peuple, c’est nous, les bergers de la nuit, c’est moi et tout ce qui vit et bagarre en moi. Sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi. Mon pays de l’ombre, de quoi est-il fait, je le subis, il ne vit pas, il peine, il erre, machinalement ; l’enfant de la mangeoire me donne de l’accueillir et d’y laisser entrer la lumière de la vie. Il y refait ma vie.
Père Olivier de Framond

Publié dans 2016 framond