Mt 20,1-16 Les ouvriers de la 11e heure

Publié le par Père Olivier de Framond

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

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« Je vous donnerai ce qui est juste ». Hmm, ça ne sent pas bon, ça ? Ou au contraire, venant de celui qui le dit, ça ne peut qu’être bon ? … Comme souvent, la parole de Jésus résiste à l’entendement humain. Elle oblige à opérer un déplacement.
Le premier don à accueillir : il m’a appelé à sa vigne. C’est parce que le maître est sorti et qu’il en a repéré plusieurs que ceux-ci sont là, associés à son œuvre. Il semble qu’il y ait de quoi travailler pour tout le monde, à toute heure. Or il a dit lui-même que tout travail mérite son salaire, donc si je bosse plus, il va me remplir les poches ! Ai-je reconnu, confus, le trésor qui m’est fait : avoir été appelé, approcher sa vigne, et le maître lui-même ? Dans sa vigne, il y a de la place pour une diversité de tâches, d’états de vie, de missions, de formes de services, …
La justice de Dieu se plaît à la brebis perdue retrouvée. Une autre justice est de comparer les salaires horaires des autres au mien : il m’a lésé, je bosse depuis 6h du matin et n’ai pas plus que celui qu’a fait qu’une heure ! Me réjouir pour les embauchés de la dernière heure. La justice de Dieu choisit la joie de tous. Les ouvriers de la onzième heure, qui sont-ils ? Je pense à ce couple laïc invité au Synode de la Famille, à ces quelques laïcs invités à rejoindre le calendrier des Saints, à tous ces serviteurs de l’ombre appelés à la vigne du Bien-aimé. Et les ouvriers du Vatican aussi, ont été appelés à la Vigne. Un journaliste avait interrogé le pape Jean XXIII sur combien travaillaient au Vatican. Il avait répondu : « oh, peut-être la moitié ». Que l’Esprit réveille en nous le don de Dieu. La justice commence quand on a reconnu la joie d’avoir été appelés.

Père Olivier de Framond

Publié dans 2016 framond

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