Ph 1, 20c-24.27a, le « Oui, mais » à la vie de ceux qui aiment Dieu

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Consentir à descendre dans la situation pour aimer davantage, le chemin de Paul…

Consentir à descendre dans la situation pour aimer davantage, le chemin de Paul…

Paul a compris la dynamique profonde de l’Evangile du Christ pour l’humanité. Elle concerne cette réalité mystérieuse qu’est le corps : son corps à lui Paul, celui du Christ, celui de l’humanité entière. Un dynamisme traverse toute la dimension corporelle de l’humanité : rassembler l’humanité entière dans l’unité fraternelle avec le Christ. Cette union au Christ passe pour lui, par le passage de la mort, une mise en perspective radicale de la vie présente, Paul s’éprouve comme appelé au-delà. Mais cette union peut se vivre autrement dans le quotidien, et à vrai dire avec la même radicalité.

C’est bien par rapport à cette dynamique que Paul prend ses décisions. Nous le voyons poser les termes d’une alternative, il oppose avantage [pour lui] et utile [pour les autres, ses frères], utile pour lequel il se résoudra, parce que c’est le plus nécessaire [autre mot qu’il utilise]… Nous pouvons peser cette manière de se décider. Percevoir une dynamique de vie et de là, prendre sa décision concrète… avec entre les deux un « mais », le « mais » de la résurrection, celui que l’on trouve chez Marie-Madeleine dans l’adresse du Christ : ne me touche pas [dynamique forte d’attrait, comme Paul] mais va vers mes frères [utile et nécessaire].

Cette logique qui traverse le cœur de Paul, le cœur de Marie-Madeleine, n’en doutons pas continue à agir en nos propres cœurs. Sachons là aussi éprouver un attrait fort, sachons ensuite nous laisser diriger vers le plus grand amour, le plus grand service, pour nos frères, pour la propagation de la bonne nouvelle et dire pleinement oui à la situation présente qui s’offre à nous pour être serviteur…

 

Philippiens 1, 20c-24.27a Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.

(source de photo : http://st.gdefon.com/wallpapers_original/wallpapers/383986_priroda_mostik_osen_zhyoltye_bliki_1680x1050_%28www.GdeFon.ru%29.jpg)

soit que je meure,
 
En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage.
 
 
La visée telle que Paul la perçoit
je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.
Le lieu où travaille en Paul l’alternative
soit que je vive,
 
Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile
La réponse à la situation présente
Frères, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps.
 
 
La croissance du corps comme il est