Une société s’enrichit de l’échange de ses différences.

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Conférence à l’UNESCO du Patriarche Card. Béchara Boutros RAI Paris, le 25 avril 2015

Le patriarche Rai continue à faire état de toutes les aides qu’apporte l’Eglise non pas parce qu’elle serait plus riche que les autres mais parce qu’elle porte un goût de l’amour de l’autre. De là en plus des écoles, germe de la société future, la longue liste de toutes les autres institutions qui prennent soin des vieux, des malades, des personnes en difficulté et cette liste d’institutions au service de l’homme et de son développement  va même jusqu’au mariage avec la possibilité des mariages mixtes…

Cette longue énumération introduit à un constat historique sur la manière de vivre dans cette partie du monde. Lorsque l’ouverture se fait, lorsque la foi chrétienne reçoit une capacité d’expression sociale alors on constate un enrichissement culturel, non pas parce que l’apport chrétien le permettrait mais parce que l’ouverture au sein de la société en son ensemble lui permet de s’enrichir par l’échange de ses composantes…

Lisons ce passage, demandons-nous aussi comment cela interroge notre propre manière de vivre, d’être en notre propre pays…

Père Jean-Luc Fabre

12. Une promotion importante de la culture de la paix est assurée par les Universités Chrétiennes et les Facultés d’Enseignement Supérieur : Catholiques, Orthodoxes et Protestantes du Liban, dont certaines furent instituées en la 2de moitié du XIXème siècle. Elles contribuent énormément à la promotion du dialogue interculturel et interreligieux. Là aussi étudiants, professeurs et parents de toute religion et confession se rencontrent, échangent réciproquement leurs valeurs et consolident la vie en commun et l’ouverture à l’autre différent.

13. Rappelons aussi le rôle des institutions sociales de l’Eglise : des diocèses et des ordres religieux, partout dans les pays du M.O., comme hôpitaux, orphelinats, centres pour handicapés et pour cas spéciaux, dispensaires, maisons de vieillards. Dans toutes ces institutions c’est la paix qui est vécue et traduite en actes et services. C’est l’Evangile de la paix qui est annoncé et témoigné et constitue un phare d’espérance pour ce Proche-Orient martyrisé par les guerres intestines.

14. Une autre contribution pour la culture de la paix est offerte par les familles à mariages mixtes, entre catholiques et non catholiques, entre chrétiens et musulmans, ainsi que par le vivre ensemble des citoyens de toute religion qui se retrouvent dans le travail, sur le marché et dans les institutions publiques.

15. Encore dans ces pays du M.O à système politique religieux, à l’exception du Liban, les chrétiens laïcs : ingénieurs, médecins, avocats, hommes d’affaires, financiers, économistes, entrepreneurs et autres, jouissent de la grande confiance des gouvernants et des citoyens, pour leurs capacités créatives et le respect des autorités locales. Ce sont des vrais promoteurs de la culture de la paix sur le plan du développement. D’ailleurs, les différents pays d’Occident reconnaissent sur ce plan les grandes possibilités des chrétiens orientaux accueillis chez eux.

16. Faisant marche en arrière dans l’histoire, nous constatons que, durant les différentes époques de l’Empire Arabe (661-1516) et sous l’Empire Ottoman ou Turc (1516-1916), le déclin de la civilisation arabo-musulmane allait de pair avec l’étouffement de la société chrétienne. Mais celle-ci a pu reprendre sa présence avec une plus grande efficacité. C’est pourquoi, parler d’un M.O. sans chrétiens est une chose impossible. L’on peut parler plutôt d’affaiblissement de la présence chrétienne à cause de l’exode des chrétiens. Cet exode des chrétiens de leurs pays d’origine à cause des guerres, des conflits, des crises socio-économiques et parfois des persécutions, fait perdre au Proche-Orient d’irremplaçables artisans de paix et de développement. Il fera perdre aussi aux musulmans la modération laquelle, grâce à la convivialité islamo-chrétienne, constitue jusqu’à maintenant la grande majorité chez les musulmans du Proche-Orient. Autrement l’Islam tomberait entre les mains des intégristes et fondamentalistes. Il fera perdre en plus à leurs Etats la qualité d’être, dans le siècle de globalisation, des Etats pluriculturels et pluriconfessionnels, où les chrétiens jouent le rôle de conciliateurs dans les conflits, de promoteurs d’ouverture et garants des rencontres.

Source du document http://www.maronites.fr/spip.php?article234  Photo http://media02.radiovaticana.va/photo/2015/02/26/AFP3937908_Articolo.jpg

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