05 octobre, Synode sur la famille : la prière du Pape pour les pères synodaux

Publié le par Elisabeth de Baudoüin du site Aleteia

05 octobre, Synode sur la famille : la prière du Pape pour les pères synodaux

Ce n’est pas pour la famille et ses tribulations que le Pape a fait prier le peuple de Dieu, en cette veille de synode, mais pour les pères synodaux eux-mêmes. Compte-rendu d’Elisabeth de Baudoüin, Place Saint-Pierre.

Jusqu’à la veille de l’ouverture du synode, le Pape aura encouragé les pères synodaux à la confrontation sincère et fraternelle, en leur demandant d’être à l’écoute de Dieu et de son peuple, et de garder le regard fixé sur le Christ. Alors que des milliers de fidèles avaient répondu à son invitation à venir Place Saint-Pierre prier pour le synode, en ce 4 octobre, fête de Saint François d’Assise, le successeur de Pierre les a exhortés à demander à l’Esprit Saint d’aider dans ce sens les évêques et les cardinaux, qui commenceront leurs travaux dès lundi (6 octobre).

Après les tensions de ces dernières semaines autour de la question sensible de la communion aux divorcés remariés, jusqu’au plus haut niveau de l’Eglise (tensions dont aleteia s’est fait l’écho à travers plusieurs articles), François est apparu une nouvelle fois comme un père aimant et indulgent et un pasteur qui rassemble ses brebis.
Demandons à l’Esprit Saint avant tout le don de l’écoute
Tandis que la nuit tombait doucement sur une place Saint-Pierre éclairée par les projecteurs et les bougies du peuple de Dieu, sa prière sincère et encourageante a résonné comme un dernier appel, paternel et confiant, avant l’échéance tant attendue : « Pour les Pères synodaux, demandons à l’Esprit Saint avant tout le don de l’écoute : écoute de Dieu, jusqu’à entendre le cri du peuple de Dieu. Ecoute du peuple, jusqu’à respirer la volonté à laquelle Dieu nous appelle. Avec l’écoute, invoquons la disponibilité à une confrontation sincère, ouverte et fraternelle, qui nous amène à nous charger, avec responsabilité pastorale, des interrogations que ce changement d’époque porte avec lui. Laissons-les se déverser dans notre cœur, sans jamais perdre la paix, mais avec la confiance sereine qu’en son temps, le Seigneur ne manquera pas de ramener l’unité. L’histoire de l’Eglise ne nous raconte-t-elle pas tant de situations analogues, que nos pères ont su dépasser, avec  une patience tenace et créativité ?"
Faites tout ce qu’il vous dira
Le secret réside dans un regard : et c’est le troisième don que nous implorons par notre prière. Parce que nous ne pourrons véritablement nous confronter aux défis contemporains qu’en gardant le regard fixé sur Jésus Christ – Lumière des nations – et en restant dans la contemplation et l’adoration de son visage. Si nous faisons nôtre sa façon de penser, de vivre et d’être en relation, nous n’aurons pas de mal à traduire le travail synodal en indications et propositions pour la pastorale de la personne et de la famille. En effet, chaque fois que nous retournons à la source de l’expérience chrétienne, des routes nouvelles s’ouvrent et des possibilités insoupçonnées [se présentent]. C’est ce que laisse deviner l’indication évangélique : « faites tout ce qu’il vous dira ».  Ce sont des paroles qui contiennent le testament spirituel de Marie, « amie toujours attentive à ce que le vin ne vienne pas à manquer dans notre vie » (cf. Evangelii gaudium, 286). Faisons-les nôtres !

Alors, notre écoute et notre confrontation au sujet de la famille, aimée avec le regard du Christ, deviendront une occasion providentielle par laquelle rénover – à l’exemple de Saint François -  l’Eglise et la société. Par la joie de l’Evangile, nous retrouverons le chemin d’une Eglise réconciliée et miséricordieuse, pauvre et amie des pauvres. Une Eglise en mesure de « vaincre avec patience et amour les afflictions et les difficultés qui viennent aussi bien de l’intérieur que de dehors (cf. Lumen gentium). Que le vent de la pentecôte souffle sur les travaux synodaux, sur l’Eglise, sur l’humanité toute entière. Qu’il dénoue les nœuds qui empêchent les personnes de se rencontrer, qu’il panse les blessures qui saignent, qu’il rallume l’espérance. Qu’il nous donne cette charité créative qui permet d’aimer comme Jésus a aimé. Et notre annonce retrouvera la vivacité et le dynamisme des premiers missionnaires de l’Evangile !
Percevoir l’odeur des hommes d’aujourd’hui
Auparavant, après avoir brossé avec délicatesse le tableau d’une humanité qui oscille entre les joies et les peines, les espoirs et la désespérance, il avait rappelé l’importance et le sens de ce synode, fait pour « proposer [aux hommes d’aujourd’hui] avec crédibilité la bonne nouvelle de la famille », porteuse de salut et de bonheur : « Cet horizon nous aide à saisir l’importance de l’assemblée synodale qui s’ouvre demain. Le « convenire in unum » autour de l’évêque de Rome est déjà [en soi] un évènement de grâce, dans lequel la collégialité épiscopale se manifeste dans un chemin de discernement spirituel et pastoral. Pour rechercher ce qu’aujourd’hui le Seigneur demande à son Eglise, nous devons prêter l’oreille aux battements de ce temps et percevoir l’ « odeur » des hommes d’aujourd’hui, jusqu’à être imprégnés de leurs joies et de leurs espérances, de leurs tristesses et de leurs angoisses. Nous saurons alors proposer avec crédibilité la bonne nouvelle de la famille.

Nous savons en effet comment dans l’Evangile, il y a une force et une tendresse capables de vaincre ce qui crée le malheur et la violence. Oui, dans l’Evangile, il y a le salut qui comble les besoins les plus profonds de l’homme ! De ce  salut – grâce de Dieu et œuvre de sa miséricorde – nous sommes, en tant qu’Eglise, signe et instrument, sacrement vivant et efficace (cf. Evangelii gaudium). S’il n’en était pas ainsi, notre édifice serait seulement un château de carte et les pasteurs ne seraient que des clercs d’état, sur les lèvres desquels le peuple chercherait en vain la fraicheur et le parfum de l’Evangile ».
Les couples qui, avant lui, s’étaient succédés pour apporter le témoignage - qui de leur foi en un oui pour toujours fondé sur le Christ (deux jeunes fiancés), qui de leur disponibilité à accueillir la vie, qui, enfin, d’un possible retour à la vie commune, après l’infidélité et la séparation et grâce au pardon – ont donné encore davantage de relief à ce discours du Saint-Père, l’un des plus importants sur ce chemin synodal.

http://www.aleteia.org/fr/religion/article/synode-sur-la-famille-la-priere-du-pape-pour-les-peres-synodaux-5886640878780416

 

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