Nuit de Pâques - Veillée pascale

Publié le par Père Jean-Luc fabre

Devant tant de richesses déployées au cours des siècles par la Parole de Dieu ce qui nous montre combien nos oreilles humaines ont été sourdes, demeurent souvent sourdes, et combien nous sommes chanceux de pouvoir aujourd’hui entendre et voir. Laissons-nous guider par la voix de l’Eglise pour puiser un peu à cette bonne nouvelle. Entrons dans sa prière.

« Dieu qui fais resplendir cette nuit très sainte par la gloire de la Résurrection »… Il y a la nuit très sainte de Noël, il y a la nuit très sainte de Pâques. A chaque fois, Dieu se révèle comme celui qui donne, celui qui se donne entièrement, de manière totale, il naît, il renonce à son état, il devient un de nous, il donne sa vie, il meurt… et, là, en cette nuit, en notre nuit, il ressuscite pour pouvoir se donner encore davantage, sans aucune limite de temps ou d’espace à tous les hommes et à chaque homme, pour que se constitue ce corps de louange, celui de l’humanité rassemblée dans l’amour...

Le mouvement de Dieu, la sortie de Dieu hors de Lui est lumière pour tous. Ce mouvement nous éclaire. Nous étions dans la nuit, notre nuit, celle de notre condition, celle de notre nature et lui vient l’éclairer, l’illuminer…

Ce fait divin, où le Père, le Fils et l’Esprit ont collaboré, nous entraine à formuler une demande « Ravive en ton Eglise l’Esprit filial que tu lui as donné ».

Le Carême, la semaine sainte, cette liturgie pascale ont produit leur effet… nous sommes ramenés au centre même de notre foi : être avec Dieu comme des enfants, comme des fils. L’esprit du Christ a été donné, soufflé sur la Croix, à l’Eglise pour que cet Esprit l’anime, la constitue, Celui qui s’est donné, nous donne de pouvoir nous aussi nous donner, il nous donne d’entrer dans la vraie Vie, celle qui se donne, celle qui reçoit… Ce soir, nous la recevons à nouveau, nous la recevons toujours nouvelle. Cet esprit nous donne de sortir de nous-mêmes. Il nous conduira, il nous conduit vers de nouveaux espaces, des terres nouvelles…

« Afin que renouvelés dans notre corps et notre âme, nous soyons tout entier à ton service » le corps de l’Eglise qu’est ce que c’est ? C’est la masse impressionnante de relations qui la constituent et durant ces jours saints nous avons reconstitués, ici au Hautmont, ces liens, nous avons raffermis les relations entre nous dans la prière, le jeun, le partage… l’âme de l’Eglise qu’est ce que c’est ? C’est l’esprit d’humilité, de fraternité, dans la reconnaissance partagée de notre être pécheur, de notre être pécheur pardonné. L’Eglise renaît lorsque ses enfants se reconnaissent pécheurs en attente du pardon. Parce que l’Eglise est née du pardon reçu par Pierre et ses compagnons. Ce pardon les a sortis de l’échec, du désespoir d’avoir trahis, d’avoir un suicide commis en leur sein. Ce pardon les a conduits vers une nouvelle vie en continuité avec leur vie passée, assumée. Ils ont élu un autre, Mathias, pour prendre la place de Judas. Cette décision les a rendus capables d’aller vers tous les autres hommes, leurs frères … Ce mouvement vient jusqu’à nous, il nous appelle … nous aussi nous pouvons aller vers nos frères, vers tous ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ, joyeux car pardonnés, joyeux car porteurs d’une bonne nouvelle pour tous. Ainsi, pleins de reconnaissance, pouvons-nous faire, à notre mesure, la volonté du Père : recevoir et transmettre la bonne nouvelle …

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