La différence chrétienne, en quoi consiste-t-elle ? (l'épître V)

Publié le par père Jean-Luc Fabre

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Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. En effet, ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas d’un dialecte extraordinaire, leur vie n’a rien d’étrange. Ce n’est pas à l’imagination ou aux inquiétudes d’esprits agités que leur doctrine doit sa découverte ; ils ne défendent pas, comme tant d’autres, une doctrine humaine. Ils habitent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils suivent les usages locaux pour ce qui concerne les vêtements, la nourriture et pour le reste de la vie, tout en manifestant le caractère merveilleux et extraordinaire de leur manière de vivre. Ils habitent chacun dans sa propre patrie, mais comme sur une terre étrangère. Ils participent pleinement (à la vie de la cité), mais ils supportent tout comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tous les hommes, ils ont des enfants, mais n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais leur manière de vivre surpasse les lois. Ils aiment tous les hommes et tous les persécutent. On les méconnaît, on les condamne, on les tue et ils gagnent la Vie. Ils sont pauvres et ils enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout et ils surabondent en toutes choses. On les méprise, et dans ce mépris, ils sont glorifiés. On les calomnie et ils sont justifiés. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, ils sont châtiés comme des scélérats. Châtiés, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des ennemis, les Grecs les persécutent, ceux qui les détestent ne sauraient dire la cause de leur haine. (L’Epitre à Diognète, V)  

La lettre à Diognète s’adresse à  un païen de haut rang, elle  est l’oeuvre d’un auteur anonyme.  Ecrite vers 160-200, elle présente les chrétiens comme des hommes semblables aux autres, avec une particularité : être dans le monde ce que l’âme est pour le corps, un guide et un soutien. Les chrétiens sont appelés à être "l’âme du monde". La naissance et l’expansion du christianisme (religion de l’amour) est voulue par Dieu depuis toujours et les persécutions ne peuvent détruire l’Eglise et multiplient finalement le nombre des fidèles.   
Source du tableau  http://jacquesmuller.be/images/Des%20gens...jpg 

A suivre 
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